Contrats de Syndic : plus de 70 % des documents en infraction

Contrats de Syndic : plus de 70 % des documents en infraction

Alors que le Salon de la copropriété et de l’habitat 2025 a eu lieu dans un climat déjà tendu, une étude récente de l’association Consommation Logement et Cadre de Vie (CLCV) révèle que près de 70 % des contrats de syndic en France sont en infraction.
Clauses abusives, frais indus, opacité des pratiques… l’enquête met en lumière des anomalies récurrentes, parfois lourdes de conséquences pour les copropriétaires.

Ces dérives, qui fragilisent la confiance dans un secteur pourtant strictement encadré, soulèvent de sérieuses inquiétudes : quels risques pour les copropriétaires ? Quelles pratiques abusives faut-il connaître et comment mieux s’en protéger ?

Une réglementation claire… mais souvent contournée

Depuis la loi ALUR de 2014 et le décret du 26 mars 2015, le contrat de syndic doit suivre un modèle type obligatoire.
Toutes les prestations de gestion courante doivent être incluses dans un forfait annuel, voté en assemblée générale. Seules certaines prestations exceptionnelles, définies par la loi, peuvent faire l’objet d’une facturation complémentaire.

Pourtant, sur les 195 contrats analysés à travers la France, la CLCV constate que seulement 29 % sont conformes, et 35 % présentent des violations graves au détriment des copropriétaires.

Des pratiques abusives encore fréquentes

Parmi les irrégularités relevées, plusieurs types de dérives reviennent régulièrement :

  • Prestations inventées : ajout de frais administratifs, frais de gestion de comptes créditeurs, ou encore frais de remise de clés facturés 24 € TTC par copropriétaire.
  • Clauses illégales : certains syndics conservent les indemnités d’assurance en cas de sinistre, alors qu’elles reviennent à la copropriété.
  • Suppressions d’informations obligatoires : comme le nombre de visites incluses dans le forfait annuel, obligeant à payer chaque déplacement.
  • Pénalités réduites : fixation arbitraire de montants inférieurs à ceux prévus par la loi (1 € par jour au lieu de 15 € en cas de retard de transmission d’informations).

Ces pratiques créent un déséquilibre clair entre syndics et copropriétaires, souvent au détriment de la transparence et de la confiance. Elles rappellent combien il est essentiel pour chaque conseil syndical de garder un œil attentif sur les contrats signés, car la vigilance reste le premier rempart contre les abus.

Des frais de vente souvent illégaux

Autre point noir : la facturation de l’état daté, document indispensable lors de la vente d’un lot de copropriété.
Alors que le plafond légal est fixé à 380 € TTC, certains syndics ajoutent des “pré-états datés” ou des “réactualisations” pour contourner la limite et gonfler artificiellement la facture.

Ces excès traduisent un manque d’outils de contrôle et de sanctions, laissant aux copropriétaires peu de moyens d’action face à des contrats complexes et souvent réécrits à l’avantage du syndic.

Comment les copropriétaires peuvent se protéger

Face aux dérives de certains syndics, les copropriétaires disposent de véritables leviers. Avec un minimum de vigilance et les bons réflexes, il est possible de limiter les abus et de sécuriser la gestion de l’immeuble.

Quelques bonnes pratiques à adopter :

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DPE 2026 : une réforme aux conséquences concrètes pour les copropriétés

DPE 2026 : une réforme aux conséquences concrètes pour les copropriétés

On vous en parle depuis 2024, elle vient d’être confirmé !!!!

A compter du 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) connaît une nouvelle évolution majeure.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, le DPE est devenu un levier réglementaire central pour le parc immobilier français, en particulier pour les copropriétés. Initialement conçu comme un outil d’information, il conditionne désormais la mise en location, la valorisation des biens, la programmation des travaux et la gouvernance des immeubles.

La réforme applicable à compter de 2026 marque une évolution importante du dispositif, avec deux changements structurants :

  1.     un assouplissement juridique spécifique aux copropriétés ;
  2. une réforme du mode de calcul appliqué à l’électricité, entraînant un reclassement énergétique automatique de nombreux immeubles.

Des obligations de diagnostics à reconsidérer

C’est l’un des enjeux majeurs de cette réforme pour les copropriétés. Si la note DPE d’un immeuble s’améliore automatiquement en janvier 2026, certaines obligations de diagnostics ou d’études énergétiques pourraient être levées, allégées ou reportées. Dans certains cas, des copropriétés initialement concernées par des démarches obligatoires pourraient ne plus l’être à court terme. Avant de voter de nouveaux diagnostics ou de lancer des études parfois coûteuses, il devient donc essentiel de vérifier l’impact réel de la réforme sur la situation réglementaire de la copropriété. Une décision prise trop tôt pourrait entraîner des dépenses inutiles.

En clair : de quoi parle-t-on ?

1- Le changement clé : le coefficient « électricité » dans le calcul 

Le DPE repose sur la conversion de l’énergie finale consommée (celle mesurée au compteur) en énergie primaire, via des coefficients propres à chaque énergie. Jusqu’à présent, l’électricité était pénalisée par un coefficient de 2,3, reflétant une vision ancienne du mix énergétique français. Ce mode de calcul plaçait mécaniquement de nombreux immeubles chauffés à l’électricité en E, F ou G, indépendamment de leur état réel. Ce qui change en 2026 À compter du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9. Résultat : les logements chauffés à l’électrique voient leur consommation « DPE » diminuer sans travaux, ce qui améliore mécaniquement leur étiquette énergétique. Ce changement entraîne un reclassement énergétique automatique d’un nombre très important d’immeubles, notamment :
  • les copropriétés à chauffages électriques individuels ;
  • les immeubles des années 1960 à 1990 ;
  • les résidences sans chauffage collectif gaz ou fioul.
De nombreux biens classés F pourraient basculer en E, et des E en D, avec des effets immédiats sur :
  • la possibilité de louer ;
  • la valeur patrimoniale ;
  • les tensions internes en assemblée générale.
Les pouvoirs publics ont communiqué sur un volume de l’ordre de centaines de milliers de logements reclassés.

2- DPE existants et sa mise à jour

Les DPE déjà réalisés restent valables (durée de validité habituelle). Toutefois, si le nouveau mode de calcul améliore la note, il devient possible de mettre à jour le DPE sans nouvelle visite, via l’outil lié à l’Observatoire DPE-Audit (ADEME), selon les modalités officielles annoncées.

Ce point est stratégique pour les copropriétés et les bailleurs, car il permet d’actualiser un classement devenu obsolète sans engager immédiatement de travaux.

À partir du 1er janvier 2026, un propriétaire ou bailleur pourra :
  • se rendre sur le site de l’Observatoire DPE-Audit (ADEME) : https://observatoire-dpe-audit.ademe.fr
  • entrer le numéro à 13 caractères du DPE (indiqué sur le rapport) ;
  • télécharger gratuitement une attestation officielle indiquant la nouvelle étiquette DPE calculée selon les règles 2026.
Cette attestation a une valeur juridique identique au DPE original, peut être utilisée dans un dossier de vente ou de location et conserve la même date de validité que le DPE initial.

3- Assouplissement juridique : prise en compte de la réalité des copropriétés

La réforme 2026 introduit une évolution majeure : la reconnaissance explicite des contraintes propres à la décision collective. Désormais, un copropriétaire bailleur ne peut plus être automatiquement sanctionné si :
  • les travaux relèvent des parties communes ;
  • et que ces travaux ont été refusés en assemblée générale, sont techniquement impossibles ou présentent un coût disproportionné.
Autrement dit, la responsabilité ne pèse plus uniquement sur le bailleur, mais sur la copropriété dans son ensemble lorsque les décisions dépendent du collectif. Une protection pour les bailleurs, mais pas une dispense de travaux Cet assouplissement ne supprime pas l’obligation de rénover. Il permet simplement :
  • d’éviter des blocages juridiques immédiats ;
  • de redonner du temps aux copropriétés ;
  • d’organiser les travaux de manière progressive et maîtrisée.
Les immeubles mal classés restent exposés à une dévalorisation, à des tensions en assemblée générale et à une pression croissante à moyen terme. En pratique Le DPE devient moins un outil de sanction immédiate et davantage un outil de pilotage stratégique. Les copropriétés qui anticipent (audit, priorisation des travaux, phasage financier) gardent la main sur leur calendrier et leurs décisions. Celles qui attendent s’exposent à des contraintes plus fortes à l’avenir. 4- Ce qui ne change pas (et qu’il ne faut pas sous-estimer) Malgré ces assouplissements les échéances réglementaires restent en place :
  • G : interdit à la location depuis 2025 ;
  • F : à partir de 2028 ;
  • E : à partir de 2034 ;
le DPE collectif reste obligatoire selon la taille de la copropriété et demeure :
  • opposable juridiquement ;
  • la base du Plan pluriannuel de travaux (PPT) ;
  • un critère clé de valorisation ou de décote du patrimoine.
  • La réforme ne supprime pas l’objectif de rénovation, elle en modifie le rythme et les leviers.
 

Anticiper pour éviter des charges inutiles

Anticiper l’effet du DPE 2026 permet aux conseils syndicaux de mieux maîtriser les charges et de prioriser les actions à mener. Cela implique de s’appuyer sur une analyse objective du classement énergétique de l’immeuble, à la lumière des nouvelles règles applicables. Cette anticipation permet notamment de :
  • sécuriser les décisions prises en assemblée générale ;
  • ajuster le calendrier des diagnostics et des travaux ;
  • éviter des démarches engagées sans réelle nécessité réglementaire.
 

Un besoin accru de pédagogie et de clarté

Il est important de rappeler que le gain de classe énergétique résulte d’un changement de méthode de calcul. Il ne traduit pas nécessairement une amélioration du confort des occupants ni une baisse réelle des consommations. Les copropriétés doivent donc distinguer ce qui relève de l’évolution réglementaire de ce qui concerne la performance réelle du bâtiment, afin d’adopter une stratégie cohérente et adaptée à leur situation.  
Les Arnaques en Copropriété : Comment les identifier et s’en protéger ?

Les Arnaques en Copropriété : Comment les identifier et s’en protéger ?

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené une vaste enquête auprès des syndics de copropriété en 2021 et 2022. Sur les 457 établissements contrôlés, 313 présentaient des anomalies, révélant des pratiques préoccupantes dans le secteur.

Les arnaques autour du pouvoir d'achat - Arnaques et fraudes types - Les  clés de la banque - Particulier

Une situation toujours inquiétante malgré une légère amélioration

Malgré une légère amélioration, le taux d’infractions restait élevé, atteignant 65,4 % en 2022. Voici un tour d’horizon des principales infractions que nous avons pu constater :

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Abus en copropriété : ce que cache parfois un simple devis

Abus en copropriété : ce que cache parfois un simple devis

Quand la copropriété devient une cible

Factures multipliées par trois, prestations imposées sans validation, décisions prises en petit comité… Ces dérives ne sont plus des exceptions. Dans de nombreuses copropriétés, des abus parfaitement orchestrés se glissent dans le quotidien des copropriétaires, souvent sous couvert de devis techniques ou de diagnostics obligatoires.

Ce sont parfois de simples lignes de dépenses votées trop rapidement, qui deviennent ensuite des charges insupportables et injustifiées. Pire encore, tout semble « légal », jusqu’à ce que la facture finale révèle un tout autre visage.

Et si votre propre copropriété avait déjà payé pour une prestation dont le coût réel n’avait rien à voir avec ce qui avait été voté ?

Le cas que nous vous révélons dans cet article en est l’illustration parfaite.

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Quel est le rôle du conseil syndical en copropriété ?

Quel est le rôle du conseil syndical en copropriété ?

Le conseil syndical, un acteur clé de la copropriété

Dans une copropriété, le conseil syndical occupe une place stratégique. Il fait le lien entre les copropriétaires et le syndic, tout en assurant un rôle de contrôle et d’accompagnement. Il ne décide pas à la place de l’assemblée générale, mais il veille à la bonne exécution de ses décisions.

Composition et fonctionnement

Le conseil syndical est élu parmi les copropriétaires ou leurs représentants, pour un mandat de 1 à 3 ans. Il comprend généralement plusieurs membres, avec un président désigné. Ses modalités de fonctionnement peuvent être précisées dans le règlement de copropriété ou par un règlement intérieur voté en AG.

Missions principales du conseil syndical

1. Assister le syndic

Le conseil syndical peut donner son avis sur les décisions à prendre, notamment en ce qui concerne :

  • les travaux à prévoir,

  • les contrats à signer,

  • le suivi du budget.

2. Contrôler la gestion

Il peut accéder à tous les documents : comptes, contrats, devis, correspondances. Ce rôle est essentiel pour s’assurer que le syndic respecte ses obligations.

3. Émettre des avis

Il est obligatoirement consulté sur certains sujets (travaux importants, changement de syndic, etc.) et peut aussi donner un avis de sa propre initiative.

4. Recevoir une délégation partielle

L’assemblée générale peut lui confier la gestion de certaines dépenses ou travaux mineurs pour une durée maximale de deux ans. Cela facilite la réactivité dans la gestion quotidienne.

Responsabilités et limites

Les membres du conseil syndical sont bénévoles. Ils n’engagent pas leur responsabilité personnelle sauf en cas de faute grave. Il est toutefois recommandé que la copropriété souscrive une assurance responsabilité civile pour les protéger.

Pourquoi un conseil syndical actif est un vrai atout

Un conseil syndical bien organisé permet de :

  • mieux surveiller les dépenses,

  • faire des économies grâce à la mise en concurrence des prestataires,

  • améliorer la qualité des travaux réalisés,

  • favoriser une gestion plus fluide du syndic,

  • rassurer les copropriétaires.

Bonnes pratiques à adopter

Pour être efficace, le conseil syndical doit :

  • tenir des réunions régulières,

  • garder une trace écrite de ses échanges et décisions,

  • maintenir un contact constant avec le syndic,

  • se former sur les aspects juridiques et financiers de la copropriété.

Retrouvez plus d’informations sur le site du gouvernement en cliquant ici.

 

En résumé

Le conseil syndical joue un rôle fondamental dans la vie de la copropriété. Il aide à mieux gérer l’immeuble, à contrôler les actions du syndic, et à représenter les intérêts des copropriétaires. Pour que ce rôle soit pleinement rempli, il est essentiel que ses membres soient investis et bien informés.


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